Kilometre vertical – VT speed 3200

vt_summit_games_speed_3200J’ai participé ce WE à mon premier Kilometre Vertical. 2 ans que j’en parlais, 2 ans que je voulais le faire. Ca aurait du être l’an dernier, mais j’avais du renoncer.

Cette année c’était sur, quoi qu’il arrive j’y participerais. Et le quoi qu’il arrive était de la partie puisque j’ai grimpé ces 1000m de dénivelé avec un doigt de pied cassé.

Un Kilometre vertical c’est quoi?

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un kilomètre vertical ( KV ), c’est une montée sèche de 1000mètres de dénivelé positif (D+ pour les intimes) sur la distance la plus courte possible.
C’est un type de course qui se développe énormément ces dernières années pour son concept assez innovant.
Pour les plus téméraires le KV le plus dure fait 1000m positif pour 1900mètres de course. Je vous laisse imaginer la pente.
Ce n’est pas à celui-ci que j’ai participé, mais au KV le plus haut d’Europe !

La VT speed 3200

Le kilomètre vertical au quel j’ai participé est la VT speed 3200 des VT summit Games (VT pour Val Thorens), anciennement Val Tho Trophy. Cette course est intégrée à un WE complet de courses et de randonnées dont je vous rédigerais très bientôt un article plus complet tellement j’ai aimé adoré.

Revenons à ce kilomètre vertical de Val Thorens et plantons le décor :

  • Kilometre vertical Val ThorensKilometre vertical le plus haut d’Europe
  • Départ 2160mètres d’altitude
  • Arrivée à 3160mètres d’altitude (Cime Caron)
  • Vue directe sur le mont blanc
  • 4,3Km de course
  • pente moyenne 24%
  • pente maximum 36%
  • Passage dans la neige

Et histoire qu’on soit sur d’être dans la montagne avant le départ il y a une jonction de 2,3Km entre le départ fictif et le départ réel. Une sorte de parade échauffement comme lors du tour de France avant chaque étape.

Le départ Fictif

Avant de se rendre au départ je me prépare, mais un problème se pose il y a un grand soleil mais une température de seulement 5°. Du coup j’enfile des couches de vêtements on verra bien ce qu’on enlèvera.
Traversée de la station et je commence déjà à avoir chaud. Ce qui est sur c’est que je vais me mettre en short et retirer les manches longues qui sont entre le T-shirt technique et le coupe vent pluie. En haut pour l’instant il y a du vent et il fait froid. Mais le soleil lui est bien là.

panoramaArrivé sur le lieu du départ fictif, l’organisation est déjà au top, le speaker, la musique, les arches de départ, le vestiaire qui ramènera les affaires en haut, et cerise sur le gâteau il sera présent au départ réel pour prendre des affaires en plus.
On est un peu plus de 200 on a le droit à la photo de famille avant de nous placer sous les arches de départ précédé par un discours du détenteur du record de la course.

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Autant vous dire qu’à ce moment là je suis au taquet avec mon pote avec qui nous avons prévu d’aller en haut !

magi clemLe départ fictif est donné et pour moi c’est ma première course en montagne qui commence. Un peu plus de 2Km en descente pour se rendre sur le vrai départ. Les bâtons achetés fraichement la veille dans une main, le coupe vent sur le dos, que je vais vite avoir envie d’enlever le soleil faisant son travail malgré la fraicheur de l’air et l’envie t’entamer cette montée!
On décide finalement de retirer nos coupe vent et de se placer sur le départ.
En allant déposer ces derniers j’ai mis les 2 pieds dans un torrent, j’ai déjà les pieds trempés. Je suis dans le thème pour un trail ;)

Le départ réel du kilomètre vertical

depart reelSur le départ tout le monde se regarde, il fait beau, mais paradoxalement peu de personnes parlent.
Le départ va être donné sauf que moi je fais mes lacets. Et bien sur je n’y arrive pas avec l’herbe. Du coup le départ est donné et je suis toujours accroupi ! Mon pote se moquera de moi à l’arrivée en me disant qu’il y a bien que moi pour faire mes lacets à 10 secondes du départ.
Enfin vous êtes habitués à lire que je suis à l’arrache lors de la plus part de mes courses. Celle là ne dérogera pas à la règle. Mais comme je ne suis pas venu ici avec un autre objectif que finir en haut cette année avec mon orteil cassé ce n’est pas bien grave.

Mon pote est déjà loin j’essaie de le rattraper sur cette première portion où l’utilisation des bâtons est interdite, la pente étant inférieur à 15% lors des ces quelques 1300premiers mètres.
Je zig zag entre les coureurs pour remonter les personnes qui marchent. Et encore une fois je mets les 2 pieds dans un torrent. Je sens le thème récurent : les pieds mouillés.
Cette première partie passe assez rapidement 15minutes pour ces 1300mètres.
J’ai le smile juste avant d’entamer les choses sérieuses.
clem platpremiere montee

C’est à ce moment là que je double mon pote en le charriant un peu.

Hey les bâtons t’as pas le droit encore
c’est au panneau

J’ai refais ma minute de retard sur lui et ma perte de temps à zigzaguer entre les gens.

Les choses sérieuses commencent, et je peux vous dire que les bâtons j’ai bien fait de les acheter. Je ne sais même pas comment les gens font sans tellement ca monte. La pente est à 34%. En fait on est sur une piste de ski que j’affectionne beaucoup l’hiver pour me lancer dedans tout shuss pour tenter un record de vitesse quand il n’y a personne. Petit détail on remonte une piste noir à pied !

Pour l’instant je ne m’occupe pas trop du chrono je vais d’ailleurs m’apercevoir un peu plus loin que je l’ai éteint lorsque j’ai pris une photo sur la fin de la partie plate ce qui va clairement changer ma course.
Car la veille j’avais fait tout un plan de course pour savoir en combien passer en fonction du dénivelé et de la distance en estimant 100m de dénivelé = 1Km de plat.

Dans cette montée je commence comme tout le monde à la queue leu-leu. Je m’aperçois vite qu’être dans les pas d’une personne est très vite fatiguant. Je prends pour partie une fois que je suis sur les talons de quelqu’un de me décaler d’accélérer, de passer devant et de ralentir un peu plus au dessus de la personne sans me faire rattraper pour ensuite me remettre à mon rythme.

Sur un kilomètre vertical ce ne sont pas les kilomètres qui sont indiqués mais les 100mètres de dénivelés. Pour l’instant ces deniers défilent rapidement; 2260, 2360, 2460 … Mais à partir de là la pente est entre 32 et 36%. Et franchement, je ne sais plus à ce moment là ce qui est le problème. Le manque d’entrainement, le doigt de pied cassé, les jambes qui piquent, la respiration courte, le manque d’oxygène, l’altitude (plus de 2500), le soleil qui tape fort où toutes ces choses à la fois. Et d’un coup cette pensée.

Mais qu’est ce que tu viens foutre ici dans ton état !

Sur du plat on est habitué à voir défiler les Km mais là dès je regarde ma montre j’ai à peine fait 50 ou 100m. C’est clairement démotivant de n’avoir aucun repère. Mais en fait ça change, ça oblige à ce remettre en question. Du coup je me souviens pourquoi je suis là. Le défis d’arriver en haut ! Je galère mais au final j’aime ça. Je me sens vivant je me pousse au bout de moi même. Enfin pas tout à fait. Le fait d’appuyer sur l’avant du pied ça réveille ma douleur sur l’orteil cassé, du coup je pousse plus sur la jambe droite qui force toute seule en fait. Un vrai extropied !

Je repense aux vidéos des traileurs qui ne tirent pas forcément tout droit dravitaillementans les pentes mais font de petits virages. Cette technique me permet de remonter beaucoup de coureurs et d’atteindre le panneau 2660m plus rapidement. Nous sommes à mi-course, je suis dans un bon groupe on discute et se marre sur ce panneau. Sur un marathon ou une course si vous abandonnez, on vient vous chercher, ou vous prenez le métro et vous rentrez. Ici, si t’abandonnes le seul choix c’est l’helico. Cette pensée me fait bien marrer et je la partage gaiement avec mes camarades de course.

Malgré la forte chaleur nous arrivons au ravitaillement gardé par des hommes des cavernes avec qui je taperais un sprint pour l’atteindre.
J’en profite pour prendre 2-3 photos du mont Blanc, discuter avec un bénévole qui m’indiquera que les premiers sont à 10-15min du sommet.
Les bénévoles demandant aux coureurs ce qu’ils veulent; coca, eau, fruits sec, ce à quoi répondra une concurrente :

Oxygène

Explosion de rire général !
J’attendrais 2-3 minutes mon pote, malheureusement ce dernier a explosé dans la pente à plus de 30%.

A cause de forte chute de neige en juillet le parcours n’est pas totalement dégagé et nous devons faire un petit contour avec une descente sèche d’une trentaine de mètres. Ce qui rajoutera de la montée !

Je repars avec pour seul objectif d’arriver en haut et de prendre du plaisir sur ce parcours incroyable. Je pense à la vue qui m’attends là haut, que je connais par cœur en hiver mais que je n’ai jamais pu voir en été.
20160806_111351Je me retrouve très vite dans les pas d’une femme qui est en fait la première Master.
Mon dernier kilomètre je l’avais fait en 22minutes, alors quel surprise quand j’entends mon téléphone me dire que cette fois je n’ai mis que 12minutes ! Je ne réfléchis plus je suis en mode machine un pas devant l’autre, je me suis très vite fait à mes bâtons et je ne pense qu’à avancer.

Nous approchons les 2900mètres, les 2/3 de la course sont passés, et la neige fait son apparition. Il faut absolument que j’immortalise ce moment. Et oui la plage en été c’est surfait, la neige c’est plus tendance.
Par contre ce petit arrêt me coupera totalement les jambes.

Note pour la prochaine fois, s’arrêter autant pour faire le touriste c’est pas bon pour les jambes dans cette course.

Les appuis sur la neige c’est pas trop ça, je manque de m’étaler malgré les bâtons mais me rattrape. Pour moi la course commence à être difficile au niveau du pied. Sans ce problème je pense que j’aurais pu faire un très bon temps. Mais ce n’est pas grave, un virage à gauche après un long champs de neige et je vois en haut les flammes de l’arrivée. Il reste encore environ 150m de dénivelé. Si proche et si loin à la fois.

clem neigeJe me sens tellement bien intérieurement à ce moment là, je fais ce que j’aime, un sport magnifique qui permet le dépassement de soi et la découverte de paysages incroyables. La douleur en devient secondaire. Je suis dans les ultimes pentes, je vais le faire, je vais boucler ce défi incroyable sans avoir pu vraiment m’entrainer entre mon kyste et mon orteil cassé, j’avais vraiment la poisse depuis avril.
J’accélère je cours presque, dernier demi tour à droite avant d’entamer cette ligne droite au sprint, j’ai le sourire, on ne dirait pas que j’ai couru à peine essoufflé.

clem arriveeA 50m de la ligne le speaker site mon nom, l’organisation je vous le dit elle est au top. Je passe la ligne en courant les bras en l’air, c’est la victoire; je suis en HAUT, tout en HAUT !
Le temps sera secondaire, 1H15. Et oui entre le manque d’entrainement, le doigt de pied cassé, les arrêts pour prendre les photos, l’attente de mon pote au ravitaillement j’aurais pu je pense passer sous l’heure, mais l’essentiel n’était pas là cette année. J’ai découvert une course magnifique, des organisateurs et bénévoles plus sympa les uns que les autres.

Mon pote franchira la ligne en 1H19. Il  se sera bien repris dans la deuxième partie de course. Une photo pour la postérité. Et une promesse; nous reviendrons.

clem magi fin

Après cette arrivée nous aurons le droit à une pasta party avec vue sur la chaine des alpes et une belle remise de récompenses. Cette année le record a été explosé, 44’20 ! Bravo au vainqueur.

Merci à toute l’organisation, juste un petit point à corriger, à l’arrivée, pensez à remettre les sacs de consignes au coureur. J’ai bien cru avoir perdu le mien :(

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