Trail des passerelles du Monteynard 2019 – récit

Le trail des Passerelles du Monteynard c’était le 15 Juillet 2019.
J’avais depuis un moment une envie de bouger de Paris, de changer d’air, ça bouillait en moi.

Le hasard/destin nous montre parfois la voie, mais cette date du 15 Juillet est un peu particulière pour moi.
Le 15 Juillet c’est Le jour d’avant une autre vie, de ma vie avant, j’avais 18 ans, c’était un dimanche il y a 18 ans … l’accident.

Alors quand sur un coup de tête je réserve tout en 1 journée, 10 jours avant le trail, grâce à une amie, son frère et à l’organisation qui permet le rachat de dossard, je ne sais pas que 18 ans auparavant c’était aussi un dimanche et que cette course sera pour ma vie de traileur Le jour d’avant aussi

L’histoire d’un coup de tête

Une furieuse envie de changer d’air depuis l’UTPMA et mon retour à Paris. Jamais je n’ai ressenti ça. J’adore Paris et ma vie Parisienne, mais là je n’en peux plus, je ne supporte plus les gens, le métro, le bruit.
Est ce mon inconscient, le destin qui me dit que cette date est importante et qu’il faut que je bouge? Je n’en sais rien et je n’en saurais jamais rien.
Le fait est que je me retrouve le Samedi 14 Juillet dans le train direction Grenoble pour prendre le départ le dimanche de ce trail de 65km et 3300D+.

Le départ du trail des passerelles du Monteynard 2019

3H du matin réveil, à 4H on vient me chercher en voiture (Merci Yann, Pauline et Jérôme).
1H plus tard nous voilà déposé sur la ligne de départ du trail des passerelles du Monteynard 2019 sur lequel nous retrouvons des têtes connues.

Pour ce trail j’ai décidé d’y aller et de tout tester. Pas de bâton, nouvelle technique de ravitaillement, on ne s’arrête pas j’ai tout sur moi sauf l’eau (coucou Hélène), on part bien, on ne court pas en montée on dévale en descente, on court sur le plat et on voit quand ça craque.

Comme d’habitude on se retrouve au fin fond du peloton pour le départ.
Il est proche de 5H30, un super son et lumière est diffusé avant de lâcher les 800 coureurs.
Le petit tour en ville est un peu casse pied, y a beaucoup de monde est on galère à avancée, et je perds assez rapidement mes comparses du jour.

Le trail des passerelles la course

Je pourrais vous raconter la course, chaque montée, en commençant par celle du début avec ce monde, et maintenant ce que je maitrise bien et me répète dans la tête

N’essaie pas de doubler rapidement,
Attend le bon moment
Pas de panique
Ne perds pas d’influx nerveux

Je pourrais passer chaque moment, chaque visuel de ces paysages magnifiques, de ces descentes où à mon habitude je double et redouble ect …

Mais en fait non je ne pourrais pas … Mais pourquoi ?

Si vous demandez à un sportif de haut niveau de vous raconter comment c’est passé son exploit, son record, il aura du mal à vous le raconter, ces discours seront souvent incohérent, il essayera de se souvenir et puis non, ce sera un ressenti inexplicable.

Ce trail des passerelles c’est mon record, mon exploit du jour !

Je suis parti de nuit, le jour c’est levé, je ne me souviens à peine du premier ravitaillement, un verre d’eau et me voilà reparti dans la descente, puis j’arrive à la mine grand moment cette traversée. Pour une fois qu’être petit m’aide, pas besoin de penser à la tête.
A la sortie je regarde le ravitaillement puis je me dis que j’ai tout prévu sur moi et je repars en mangeant en marchant mon ptit dej le long des rails.

Par la suite tout se passe à merveille malgré la chaleur que je déteste habituellement, puis arrive la montée du Sénépi, moins de 10km pour plus de 1200D+.
Voilà mon défis sans les bâtons, avec déjà 28km et 1000D+ dans les jambes, une vrai préparation à la diagonale des fous où ces derniers seront totalement interdit.

Des paysages à couper le souffle

Les paysages sont magnifiques, je n’ai jamais pris autant de photo et me sens tellement bien.
A l’origine j’espérais passer sous les 11H, mais la au sommet du Sénépi, après 40km et 5H45 de course je me prends à rêver de passer sous les 10H tellement le plus difficile est passé.

En route vers l’arrivée

La descente je ne m’en souviens pas, sauf le ravitaillement où j’ai remplis mes gourdes, je suis passé sous les jets d’eau, j’ai pris un peu à manger et je suis repartis, on rattrape les coureurs du 42km, je double je double… le soleil qui tape, les passerelles, et encore une fois me torde la cheville sont mes principaux souvenirs.
Enfin le dernier ravitaillement avant la dernière montée et cette descente finale, fond de balle.
J’ai l’impression d’être le seul à terminer en courant.
Et les 10H me direz vous … un souvenir, là je suis déjà sous 9H30, mais les 9H15 est ce possible, allez on y va, ça bouchonne, sa tombe, et je lâche les chevaux, dernier kilomètre, interminable, ça tourne et retourne

Mais il est ou ce lac ?

enfin le lac, mais l’arrivée; toujours pas en vue et puis le final la ligne le Chrono … 9H18 … temps de dingue pour moi.

Je passe cette ligne, même pas effondré, certes emprunté mais quelle énergie.
Résultat 134ème/716 finisher en 9H18:52

Le premier jour du reste de ma vie de traileur

Ce trail 18 ans après est comme un nouveau départ, tout c’est passé à merveille, les ravitaillements, la forme, la chance d’avoir pu prendre le départ grâce à des amis.
J’étais comme en méditation tout le long.
M’être dépassé autant, être capable de tout donner sans crainte, me faire confiance, prendre des décisions sur un coup de tête sans réfléchir ou pas trop du moins. En me tenant à mes décisions, et non pas en craignant qu’elles foirent ou qu’il me manque quelque chose.
Il y a comme un blocage qui a sauté confirmé par le stage à ValThorens 4 semaines plus tard en sortant encore plus de ma zone de confort.

Avant de partir et en attendant les autres petite cryo maison dans le lac avec cette belle médaille.

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