Le KV une course à part au Maido – Diagonale des fous

Le jour se lève sur les contreforts du Maido. C’est par ce dernier que je sortirais de ma longue nuit au travers du cirque de Mafate. Cette montée est crainte par bon nombre de coureurs. Il s’agit d’un kilomètre vertical de 6,5km arrivant après plus de 106km de course.

Moi cette montée elle ne me fait pas peur. Le kilomètre vertical ça me connait, pour le pratiquer chaque été depuis 2016 à Val Thorens sur une distance de 4,5km entre 2000 et 3200m d’altitude suivant les années.

J’ai appris à gérer cet effort, j’ai appris à ne pas courir, à ne pas me griller sous peine de subir par la suite la pente.
Le KV ; de son petit nom dans le domaine du trail est une course à part. Sa gestion est totalement différente ; quand on arrive au bout tout en haut on est totalement cramé,  et à aucun moment une descente pour récupérer. Il faut tout le temps pousser sur ses jambes, les quadris et mollets sont fortement sollicités, mais aussi le dos. On passe une grande partie de la montée penché. Ici à la Diagonale c’est un peu différent, il y a 106 kilomètres dans les jambes et il en restera 55km derrière, il ne faudra pas arriver totalement cramé en haut.

4 KV en 4 ans, 4 courses durant lesquels j’ai appris et  me suis testé.

Mon premier KV je m’en souviens comme si c’était hier, je me suis lancé à balle dans cette course. Les pourcentages encore faible sur le début de course à ValThorens (16-20%) pendant lesquels j’arrivais encore à courir ont laissé place rapidement aux vrais pentes dignes des KV les plus difficiles avec une déclivité de 35 à 40%. Et après seulement quelques minutes, je ne sais plus ce qui fut le problème. Le manque d’entrainement, le doigt de pied cassé, les jambes qui piquent, la respiration courte, le manque d’oxygène, l’altitude (plus de 2500), le soleil qui tape fort où toutes ces choses à la fois. Et d’un coup cette pensée.

Mais qu’est ce que tu viens foutre ici dans ton état !

Je suis malgré tout arrivé en haut en 1H15. J’ai découvert sur cette course qu’il ne fallait pas compter en kilomètre mais en 100 mètres de dénivelé. Et je crois que ça restera un des apprentissages les plus important.
Les courses suivantes j’ai progressé grâce à l’expérience, parceque c’est pas à Paris que je peux m’entrainer pour ce genre de course ! Et puis il y a eu le dernier, celui de cette année fait sans bâton après une semaine de coaching pour préparer cette diagonale et ces deux terribles montées que sont le Taibit et le Maido. J’y avais fait mon meilleur temps 1H01 échouant proche de l’objectif de passer sous l’heure.
Autant de courses qui font que je suis près pour ce moment Je n’appréhende pas du tout les 6,5km à venir pour atteindre le sommet à 2030m. Je l’appréhende encore moins que ma mini sieste, ma pause toilette et le fait que je me sois changé font que j’ai la pêche, je suis comme neuf. Sans Oublier mon ravitaillement de luxe avec ma Soeur et Romain qui m’attendent au ravitaillement juste après le sommet. Seul ombre au programme je sui seul à courir Charles étant loin maintenant, il voulait éviter de monter sous une grosse chaleur et je le comprends.
Durant la diagonale le temps et les température sont à prendre en compte. Ces éléments peuvent influer fortement sur votre temps de parcours.

Le Maido est maintenant devant moi, j’ai prévu dans le meilleur des cas une heure pour arriver en haut, très optimiste non ? Avant de partir j’échange des messages avec mon cousin qui lui est à Orlando en Floride. 8H de décalage horaire, 7H du matin pour moi 23H pour lui, il veut voir les marches, ca tombe bien j’en ai juste devant moi, manque de pot ce sont les plus belles marches du parcours qui ne reflètent pas du tout ce que j’ai pu avoir jusqu’ici.

Le début se fait à l’ombre, j’ai encore un peu froid, mais très vite je commence à avoir chaud, il faut que je m’arrête pour enlever ma veste, mes manchons, je remets la casquette sahel pour éviter les coups de soleil dans le cou, et au passage je mets de la crème solaire. Je repars tranquille. Sur les deux premiers kilomètres la pente n’est pas très raide, 10%, 200m de dénivelé d’avalé en 35 minutes pause comprise. C’est ensuite que les choses sérieuses commencent.

3km, 675 mètres de dénivelés et je basculerais. Assez rapidement je trouve mon rythme. Le pas est cadencé et forcé, j’avance pas mal. Je me fais doubler par un coureur au quel j’emboite le pas. Il se retourne, et non je ne suis pas ton pote. Il a lâché. On va discuter rythme et vitesse d’ascension, je vais rester un moment derrière lui jusqu’à mon cauchemar … Les marches sont de retour. Cette fois pas vraiment de rondin surtout des pierres posées un peu n’importe comment. J’en ai tellement marre que je préfère faire le tour sur les bords et marcher dans la terre inclinée.

Durant cette montée mes pieds ne me feront pas très mal, je ne produit pas d’impact ce qui me soulage légèrement.

Je monte à un rythme correcte, mais très rapidement j’ai faim. Faut dire c’est mon heure habituelle pour le ptit dej. Sauf que manger en montant je trouve ça compliqué, et mon ptit dej il est quand même bien lourd. Du coup je le découpe en 3 que je prendrais toutes les 15minutes et pour les gâteaux qui sont un peu sec je m’arrêterais face au cirque de Mafate que je contemplerais pendant de longues minutes avant de repartir.

La particularité de cette montée est que c’est un chemin de randonnée très prisé des Réunionnais qui sont nombreux dans le sens de la descente. Ils ont pour une écrasante majorité d’entre eux un mot pour les coureurs qu’ils croisent. Ca rend la montée sympathique, mais difficile par endroit avec les chemins étroits pour se croiser.

Entre les marches, le repas et les randonneurs autant dire que je ne vais pas mettre 1H. Mais je monte à bon rythme jusqu’à apercevoir la fin … Enfin ce que je pensais être le sommet. J’entends bien au loin la musique depuis un moment une ambiance de folie, et bien c’est l’accueil du sommet sauf qu’il est sur ma droite et qu’il y a un long chemin de traverse pour s’y rendre. Et je ne sais pas pourquoi mais c’est l’endroit où les randonneurs sont le moins sympa, certains forcent même pour passer. Malgré la fatigue je pense au ravitaillement qui ne sera pas loin après. Je donne ce qui me reste et double par la même quelques coureurs pour basculer au sommet sous une ovation. Une haie d’honneur avant et une foule après le sommet, c’est le délire total. Encore une fois on pourrait se prendre pour un coureur du tour de France.

J’ai hâte d’atteindre le ravitaillement parce que j’ai quand même mal au pied, mais bon il n’est pas loin. Après de longues minutes sur la crête à trottiner toujours pas de ravitaillement. Au passage je prendrais des photos d’un couple de coureurs avec vu sur Mafate. Je discuterais ensuite avec eux et ils se faisait la même réflexion que moi sur le ravitaillement.

mais où est il ?

En fait encore une erreur de l’organisation sur le parcours fournis, le ravitaillement est 2km plus loin que prévu et la montée a été plus longue de 4km ! Autant dire que mes calculs de temps de passage sont complètement faux et que ma soeur m’attend depuis un moment. J’arriverais tant bien que mal à destination. Les descente sont toujours aussi terrible pour moi au niveau des pieds. Mais quelle surprise en arrivant, Charles est là ! Il en a profité pour dormir, rassuré par la présence de ma soeur et de Romain.
Première chose en arrivant, changement de vêtements, short compris il va faire chaud. J’ai encore demandé si un kiné était là, mais la tente est spécial militaire, il faut que j’aille plus loin pour savoir ce que j’ai au pied. Du coup je me passe de la crème décontractante en espérant que cette dernière fera effet.

Je me repose un peu ca fait du bien d’être assis dans l’herbe et de discuter avec ma soeur et Romain. Romain est au top je ne m’y attendait pas du tout, ils ont tout ce dont j’ai besoin dont la fameuse eau avec de la menthe et mon mélange pastille TA. Reste à manger et là j’ai fait une erreur avec les pâtes qui me sont servi au ravitaillement dans un morceau de bouteille à peine lavé tout comme la fourchette qui a précédemment servi à mon avis à bon nombres de coureurs.

Si vous avez une assistance pensez aux couverts, voir même les mettre dans votre sac.

Après une heure de pause il est temps de repartir.

Suite : La douleur du Samedi

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