La SaintéLyon 2017 – récit

depart archePremière partie de course

La première section du parcours se passe en ville pas besoin d’allumer la frontale, la route est bien éclairée et oui nous sommes sur du bitume.
On part à 3, on se suit on déroule tranquillement un rythme de sénateur. A peine 1Km qu’un de mes deux compères veut opérer une pause pipi. Dommage déjà sur le premier kilomètre on avait remonté pas mal de monde.
C’est l’euphorie, on court, mais je n’ai pas l’impression de courir. Il y a du monde sur le bord de la route.

Puis je me rend compte que mes chers amis de voyage accélèrent et me décrochent au fur et à mesure. Je regarde le chrono, ils sont en moins de 5′ au kilomètre. Un rythme qui ne me convient pas, je préfère me ménager. Je me dis à ce moment là que je vais me faire presque 70Km seul!

5km déjà, la route commence légèrement à s’élever, le rythme global ralenti. Je pense au 7ème kilomètre mais moi aussi j’ai une envie d’uriner, mais je vais tenter de me retenir le plus possible.
Le 7ème kilomètre est là, mais la route elle; est toujours là!
Quelques centaines de mètres plus loin au détour d’un virage, la foule se tasse pour descendre en contre bas à gauche. Ca y est, on y est sur les chemins. La course commence vraiment. Je n’ai absolument pas l’impression d’avoir déjà fait 7Km.

saintelyon

On entre dans la SaintéLyon

Allumage de la frontale et on y va. Le terrain est gras et je pense immédiatement à ce que nos voisines de départ nous disaient

Le terrain sera gras et glissant
Tu auras les pieds mouillés quoi qu’il arrive

Mais mes craintes vont être vite dissipées.
Je remonte beaucoup de monde et sur les premières pentes, là où les gens marchent je n’ai pas de mal à courir, et pourtant la neige à fait son apparition sur le sol qu’elle recouvre complètement.

Les passages sont étroits ce qui m’oblige à devoir suivre et ne plus courir par moment.
Puis je rattrape mes deux amis, moins rapide que moi sur cette section. Je les laisse un peu sur place pour aller me soulager.

Ils me re-depassent, je les rattrape à nouveau, et cette fois c’est moi qui mène le tempo.
Devant nous une file de lumière éclaire la nuit, je m’arrête quelques secondes pour contempler tout cela, en attendant mes amis que j’ai légèrement lâché.
Devant, derrière des frontales à perte de vue.

sans-sel-pistaches-grillees_250g1h30 de course maintenant 13Km; déjà ! Je sors mon alimentation, TUC, noix de cajoux, et pistache. Mais quel idiot je n’ai pas décortiqué les pistaches. Avec les gants c’est une vrai galère.
Je perds forcément du temps, mais sur une telle course quelle importance.
Charles me rattrape, et me repère facilement avec mon beau bonnet Bleu Blanc Rouge. J’arrête de m’alimenter et repars avec lui.
Il ralentit en attendant son collègue, on se dit alors qu’on se retrouvera au ravitaillement dans moins de 2Km.

Le premier ravitaillement est là, je les attends avant d’entrée sous la tente, on rentre on fait la queue, je prends un TUC, un morceau de banane, une madeleine, 2 morceaux de fromage et un morceau de pain, avant de sortir retirer mon sac et les attendre.
On rattache la fiche de chronométrage de Charles puis nous repartons après avoir passé un peu plus de 10-12minutes sur le ravitaillement.
En Jetant un oeil sur le chrono 2H de course déjà.

De la neige, de la neige

Rapidement nous nous dirigeons vers le prochain ravitaillement de Sainte Catherine. Ah qu’est ce qu’on m’en a parlé de ce ravitaillement. Mais il est dans 12Km, on verra sur place.

Mais voila je suis pris d’un mal de ventre bizarre. Une envie de vomir terrible, je serre les dents en me disant que ça vient de ce que j’ai mangé. Je vais donc me limiter à ce que j’ai dans mon sac. Ca passera bien.

Je me retrouve assez vite seul mes deux compères n’avançant pas du tout au même rythme que moi. La neige fait son apparition sur les sentiers, elle est de plus en plus épaisse au sol.
Le paysage est magnifique, la lune, que dis-je la super lune (bon je l’ai su après que c’était une super lune) nous éclaire. Je me sens comme dans un autre monde, je double les gens sans m’en rendre compte et j’avance plutôt bien.

Malheureusement je n’ai aucune photo de la course. J’étais trop pris par les paysages.

Le rythme est bon, je me régale à courir dans la neige, à ma vitesse bien sur, foulées rasantes à l’économie. Je n’ai pas froid, j’arrive à réguler ma température avec les différentes ouvertures de ma veste et de mon maillot. J’ai fais vraiment un très bon choix matériel.

Je suis épaté par les gens dehors par ce froid qui nous encouragent autour du feux. Il est plus de 3H du matin et il y a du monde. Sans parler des bénévoles, c’est franchement incroyable. J’essaye d’avoir un mot gentil et à minima un sourire pour chacun.

Après une belle grimpette nous commençons à redescendre vers le 23ème kilomètre, j’ai la forme, le mal de ventre a disparu.

Le ravitaillement de Sainte Catherine est en vue en contre bas, et j’y file à toute vitesse.
noix cajou benenutsJe passe le ravitaillement en ne prenant qu’un morceau de pain. Il y a énormément de monde, et surtout de nombreuses flaques au sol. Je préfère ne pas m’attarder pour ne pas avoir les pieds mouillés. Je me pose juste après pour sortir un peu de nourriture de mon sac.
En marchant sur une route dégagée et plutôt plate je me restaure, ce sera TUC, pistache, noix de cajou et pain. Je pense encore à mon mal de ventre du premier ravitaillement.
Je perds environ 6-7 minutes sur ce ravitaillement en marchant.

En route vers les sommets

Après un passage relativement plat et dégagé nous revoilà parti en montée direction le signal de Saint André. Les premières plaques de verglas font leurs apparitions, mais sont largement gérables avec mes chaussures fortement typée trail.
Mon rythme est bien calé dans ces montées enneigées autour de 8’30/Km, je ne sais pas je me trouve facile. J’aime cette route enneigée, j’aime ce paysage, c’est comme une balade.

2017-12-08 21.30.16A l’approche du 36ème kilomètre je commence à ne plus avoir d’eau dans l’une de mes flasques.
Logique je devais les remplir au prochain ravitaillement. J’ai donc moins bu que prévu.
Mais voila au moment de vouloir boire dans la seconde, cette dernière à l’embout gelé aucune eau ne sort.

En haut de la monté se trouve un groupe de supporter avec un tonneau avec un feu a l’intérieur je fais un stop pour dégeler ma gourde, quand une personne me dit

Et bien vous n’êtes pas le premier à qui ça arrive

Je perds bien 5 minutes dans cette  affaire, mais qui me permet d’échanger avec des gens super sympa, car effectivement je ne serais pas le seul à m’arrêter.

Mais voilà que je vais enchainer les petits ennuis durant la montée, la lampe torche se coupe avant le sommet. Je passe le sommet en marchant pour changer ma batterie, au moment le plus sombre.
La descente commence, et là c’est pas la même, le verglas est plus que présent et c’est la grosse gamelle. S’ensuit un lacet défait, une galère à remettre avec les gants, et à force de m’arrêter le froid me donne envie d’aller au toilette, arrêt obligatoire !

Descente aux enfers

Mais là c’est la grosse galère. Les descentes, un enfer, c’est la pire partie de la SaintéLyon. Le sol blanc immaculé de neige laisse la place à d’immense plaque de verglas dans lesquelles ont pourrait se regarder, où même les cailloux sont gelés. C’est là que je me dis que les chaines pour chaussures auraient pu servir, mais je ne les ai pas prise.
C’est l’hécatombe parmi les coureurs. C’est à qui se tiendra le mieux sur les bords aux arbres où à ce qu’il trouve. Dès que c’est possible je rentre le plus possible dans les bois, le détours est moins risqué que la chute, que je n’éviterais pas. Je ne les ai d’ailleurs pas compté et mon bras gauche et épaule commence à en souffrir.
Le moment le plus rocambolesque restera ce coureur arrivant un peu trop vite, pied sur plaque de verglas, et … STRIKE … il embarque 3-4 coureurs avec lui qui ont franchement du mal à se relever.
Dans ma tête j’espère que ce ne sera pas long, je me motive en me disant que la moité est déjà fait et que le ravitaillement lui est bientôt là.

Voilà maintenant plus de 20Km que je cours seul, et c’est à ce moment que Charles me rattrape, seul. Son collègue ayant jeté l’éponge à Sainte Catherine, nous rentrons à 2 dans le 3ème ravitaillement, j’ai besoin de remplir les flasques.

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