La 6000D 2018 – récit

Place à la descente

A partir de maintenant c’est une deuxième course qui commence pour moi. L’objectif initial de rattraper mes amis dans la descente a fait choux blanc entre l’hématome au mollet et l’orage au sommet du glacier.

En partant de la chiaupe je suis encore frigorifié de toute façon et pourtant même en y allant tranquille dans cette descente légèrement technique (chemin que j’aime bien), je double pas mal.
Les traileurs arrivé 30min après moi à la chiaupe ont l’air bien plus frais que moi. Définitivement on n’a pas du vivre la même chose suivant où on était sur la parcours.

Je ne sens plus mes jambes, la séance de cryo du sommet fait bien effet !
Mais à y regarder de plus près j’ai les jambes perlées de trace rouge dues à la grêle.

Avant d’arriver au Chalet de carroley on doit passer un ruisseau qui c’est un peu transformé en torrent avec l’orage. L’eau me suit !
Du coup c’est la queue pour passer, il faudra à nouveau mettre les pieds dans l’eau …

Et merde mes chaussures venaient de sécher

Arrivé au chalet je me pose pour enfin manger mon sandwich. J’en profite pour discute avec un coureur.
Le prochain contrôle est à 15H30. Il repart 5min avant moi.
Je ne suis plus trop motivé je vais y aller tranquille.

L’erreur de timing à l’arpette

Voila c’est la dernière grosse montée qui s’annonce vers l’arpette.
J’ai un gros coup de fatigue, j’y vais tranquille. 15H30 c’est bon ca devrait le faire.
Le chemin sont simple, en single trace, mais de toute façon je dois être parmi les derniers et je n’ai plus de motivation.

J’arrive en haut, je demande

C’est bon pour le point de contrôle 15H30 ?

Ah non monsieur c’est en bas à Plagne Bellecote.
C’est dans 3,5Km à peu près !

Je regarde ma montre il est 15H06, 24minutes pour y arriver.
Sauf que j’avais du remettre ma veste anti pluie et que je pensais me poser en haut pour l’enlever et ranger les bâtons.

Jusqu’ici j’avais désactive la voix de mon téléphone. Je la réactive en marchant, rapide calcul, meme si lui déconne de 10%.
21minutes (marge de 2minutes) pour arriver en bas, soit 1260 secondes, j’ai 4Km (marge de 100-150mètres) à ma montre ce qui fait 310secondes par kilomètre soit un peu plus de 5minutes, mais là je suis sur un demi kilomètre va falloir attendre pour savoir si je suis dans le rythme ! PANIQUE

J’en ai pas chié autant pour me prendre cette barrière horaire.
J’ai une marge de moins de 3minutes AHHAHHAH

Une jeune femme me regarde partir et me demande

Ca va être juste ?

Réponse

Faut pas trainer 22minutes pour être à Plagne Bellecote

Cette piste cet hiver je la faisait à fond je connais parfaitement le parcours jusqu’au contrôle.
Et me voila parti dans une descente infernale, verste anti pluie sur le dos, bâtons à la main.
Je double, je double, je ne fais que ça.
Et j’entends ça et là des

On va se prendre la barrière

A chaque portion au milieu des immeubles les gens m’applaudissent. Faut dire j’avoine.
Dès que je double une personne je regarde celle de devant, et j’accélère pour la rattraper, je me motive comme ça.
Ca tourne, à gauche, à droite, mais aucune difficulté technique.
Je ne veux pas avoir fait tout ça pour rien.
La dernière ligne droite presque à plat j’en remet un coup. Je passe sous un arche, je pense que c’est là le controle, j’arrive au ravitaillement je demande.

Le contrôle c’est après le ravitaillement !

Je remplie l’eau et j’entends

7 minutes avant la barrière
Pas de retour sur ravitaillement

Je prends un dernier morceau de marbré et je fais la queue pour passer.

OUF ! 5 minutes près.
J’ai fait les 3,5Km en moins de 19minutes ! J’en ai du jus

6000D - temps descenteMaintenant faut penser à la prochaine barrière, je ne sais plus si c’est 17H ou 17H30, mais ca m’a reboosté cette portion.

Je m’arrête pour enlever ma veste de pluie, ranger mes bâtons, prendre un truc à manger en marchant 2 minutes et hop c’est reparti pour près de 10Km.

Direction Monchavin

La descente vers montchavin est tout ce que j’aime.
Des grands espaces, ca descend bien même si parfois ca remonte, je suis grave motivé.
Je double, Je double, je ne m’arrête plus. C’est que je vais peut être finir en moins de 12H.

L’arrivé dans MontChavin est formidable l’ambiance est énorme, petit arrêt interview pour me demander comment j’ai vécu le glacier, c’était bien drôle.

Je suis arrivé à 16H45, j’ai beaucoup pensé à la famille pendant cette descente, car je savais que si je passais avant 17H c’était bon pour les 10Km restant.

Un final dans la souffrance

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