La 6000D 2018 – récit

Les glaces de l’enfer

20180320_114852Elle est belle cette vue, bon et bien c’était cet hiver ! Là c’était pas la même, c’était pas aussi lisse, la monté vers le glacier est fait de pierrier et de belle pente.
Le soleil commence en plus à taper, heureusement qu’on est en altitude, sinon il ferait bien chaud.
Chaque nuage qui passe est une bonne chose.
A chaque passage virage, je regarde au dessus, j’ai l’impression que ca n’en termine pas. Par contre, qu’est ce que je double, improbable.
J’ai l’impression d’être à l’arrêt, mais je double !

Au moment où je bascule sur le sommet on se fait rattraper par les nuages, je passe la balise de chronométrage et devant moi une énorme brume monte.
En rentrant dans ce nuage je sens la température s’effondrer. Je décide de mettre mes gants, j’ai finalement bien fait des les prendre.

Plus que quelques hectomètre avant le sommet de la course, mais là tout bascule très rapidement.
La pluie se met à tomber pendant que je gravis la dernière petite monté. Elle s’accentue, je descend sur la combe et sors mon vêtement anti pluie, mais le vent se lève.
Je galère à le mettre par dessus le sac, la pluie et le vent s’accentue, j’arrive juste à le fermer quand la grêle fait son apparition.
J’essaie de courir le plus vite possible pour sortir de la combe, mais le vent me pousse sur le coté, la grêle s’intensifie, elle fouette le visage si fort que je dois me mettre de coté et mettre mes mains pour protéger mon visage.
Je commence à flipper quand je vois un bénévole partir à contre sens et dire que ca sent pas bon.
Là les éclairs apparaissent, c’est un énorme orage qui commence. Le vent redouble tout comme la grêle, tellement fortement que j’ai les jambes rouge et qu’elles commencent à me bruler.
Je me demande ce que je fous là.

Mentalement c’est très difficile, surtout que maintenant l’orage est tellement fort que la grêle brule et fouette le corps, les pieds baignent dans de l’eau gelée.
J’arrive enfin en bout de combe, je vois un rocher pendant que d’autres essaye de descendre comme ils peuvent je me jette dans la neige, mode luge et me colle en position de l’oeuf derrière se rocher pour que la grêle cesse de me fouetter les parties du corps non protégé.
Il est 12H42 d’après mon GPS.

Plusieurs autres coureurs se jetteront sur moi, on jettera les bâtons assez loin par peur des éclairs.
Je ne sais pas combien de temps celà durera, 2min, 5min ou plus, mais ce fut interminable.
Je veux abandonner, pendant qu’un autre espère qu’on viendra nous chercher.

Le grêle commence à cesser, on repart vers le bas dans la neige.
Je suis détrempé comme si j’avais sauté dans un lac glaciaire. La descente est un enfer, 2Km dans le froid, je tremble comme pas possible, les pieds font floque floque dans les chaussures.
J’accélère pour arriver le plus vite possible à nouveau au col de la chiaupe et au ravitaillement.
Ce qui m’étonne c’est que j’ai l’impression qu’il n’a même pas plu ici le sol est sec.

Je m’arrête enlève tout ce qui est mouillé, j’ai de la chance, les manchons du sac ne sont pas mouillé.
J’essaie de sécher au soleil.
On se retrouve entre personnes qui avons été bloqué tout en haut en plein vent et grêle, on se raconte nos aventures pour expier et finalement repartir après avoir mangé, bu et changé pour certains.
Clairement je pense que seul les personnes en haut peuvent comprendre ce qui c’est vraiment passé, ce qu’on a ressenti, jusqu’à la peur dans un orage intense à plus de 3000m, il est même difficile de mettre des mots ou d’écrire pour décrire ce moment.

Après 30 minutes d’arrêt plus question d’abandonner, mais plus question de souffrir, on est tous d’accord on veut juste terminer maintenant.

Place à la descente

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