Deuxième base de vie Ilet Savannah – Diagonale des fous

Enfin Ilet Savannah, cette route et ce chemin me semblait interminable. 1H que je marche pour arriver à cette base de vie. Une dernière descente et j’y suis. Mes parents sont juste là en bas, mon père vient à ma rencontre. Cette fois ci j’ai les traits marqué, j’ai du mal à descendre mes pieds me faisant atrocement souffrir maintenant.

Je ne sais pas comment est organisé cette base de vie, tout ce que je sais c’est que ca fait 50 kilomètres que j’attends de pouvoir voir un podologue. Devant la base de vie, une ambiance de dingue, Charles et sa famille sont là, je leur fait un rapide coucou, et fonce directement dans la base de vie pour trouver les podologues.

 

En entrant dans la base même on m’indique la tente des kinés et podologues. J’arrive devant celle des podologues en marchant sur les talons. Impossible de poser l’avant du pied. Me voyant arriver comme ca, je suis pris en charge par un jeune. Je lui explique que ca fait 50 kilomètres que j’attends qu’on regarde mes pieds. Il demande à la dizaine de coureurs déjà assis s’ils sont tous là pour des ampoules ce qui est le cas. Au vu de mon état il me le dira quelques minutes plus tard il craint une rupture de ligaments sous le pied. Je passe alors devant tout le monde et on m’envoie avec des kinés podologues.

Questions d’usages :

Combien de temps à tu dormis ?
As tu bien mangé ?
Depuis quand as tu mal ?

Il passe à l’examen en lui même tout en m’expliquant ses craintes. Puis il me dit de me détendre pour l’instant, que je ne peux rien faire qu’on verra après. Je dois profiter de ce moment allongé sur la table pour fermer les yeux et dormir un peu. Je pose ma casquette sur mon visage, ils se mettent à deux pour me masser les pieds. Je m’endors.

Je ne sais combien de temps je me suis endormis, 10 minutes ? 15 minutes ? 20 minutes au max. Quand je me réveil surprise, plus personne. Les kinés reviennent et m’explique que cette douleur était du à une foulée fortement sur l’avant.

Lors de mes 3 derniers mois d’entrainement, j’ai fortement progressé, ma course est redevenue fluide et ;  je trouve ; plus naturelle. Comme quand j’étais jeune avant l’accident. L’effet est que je cours plus sur l’avant du pied et que je ne talonne presque plus. Mais c’est aussi récent et mes tendons et muscles des pieds n’ont pas eu le temps de s’adapter à d’aussi longue distance avec cette foulée. Après 85 km les chocs répétés sur les muscles sous les pieds ont fait que ces derniers se sont contractés. Puis c’est la réaction en chaine au fur et à mesure des kilomètres. Les tendons ont fait de même, rapprochant les métatarses le tout finissant par se chevaucher et ne plus bouger comme il fallait accentuant l’effet des chocs de chaque foulée.

Les kinés ont massé pour détendre le tout et remettre tout ça en place. Plus de peur que de mal. Je passe ensuite chez les podologues pour un début d’ampoule lié à ma façon de griffer le sol au niveau du gros orteil, hérité de mon passé de marcheur. La jeune podologue fera mettre à un de ces élèves une sorte de poupées sur mon gros orteils et un bandage remplaçant mon tape pour éviter de me tordre la cheville. Je ne vais pas supporter ces deux éléments, l’un pour sa grosseur, l’autre pour son serrage, et les retirer avant de repartir de la base de vie, je remettrait un tape.

Le physique est réparé, il est temps de passer au ravitaillement de l’estomac. Un bon rougaille saucisse, et je rejoins mes parents devant la base de vie auquel j’ajouterais des crêpes que mon père ira chercher un peu plus loin. J’avais entendu lors de la SaintéLyon que les crêpes était un bon aliment de récupération contenant pas mal d’éléments nutritifs importants. Je ne m’en prive pas j’adore ca. Un tour au toilette avant de se poser un peu plus. Je commence à faire mon sac pour la fin du parcours, il est encore possible de terminer avant minuit ou pas loin me dis-je. Mais il est sur que la nuit pourrait être longue si mes pieds venaient à me faire mal. Cette fois ci je me pose pour utiliser le bluetens et me faire masser le dos par ma mère. J’en profite pour regarder les différents techniques des autres coureurs pour les bases de vie et suis étonné de l’ingéniosité de chacun.

A coté de moi un groupe pose au sol un bâche et pose sur cette dernière les éléments par groupes en forme de U suivant les bords de la bâche. L’ordre semble important le coureur arrivant piochant de gauche à droite ce dont il a besoin avant de repartir. Bien mieux que mon sac bordélique que je vide au sol !

Parmi eux un kiné qui me voit avec le bluetens, sur lequel on échange lui expliquant que sa fonction décontractante est un bonheur pour moi, mais jamais testé en course. Petit teasing, je ne le sais pas encore, mais ca fonctionne bien.

Il est temps de s’habiller et de repartir, j’ai trouvé cette base de vie bien mieux organisée que celle de Cilaos. Par organisé j’entends que le déplacement à l’intérieur de celle-ci et l’emplacement de chacun des points était bien plus pratique sans avoir besoin de faire des kilomètres d’aller retour entre chaque point. Même si avec mes parents à l’extérieur j’ai fais plusieurs entrée sortie.

Dernier mot aux parents on se retrouve tous à Possession avec ma soeur et Romain. Objectif y être avant la nuit, il est près de 16h30 quand je repars, moins de 40km me sépare de l’arrivée, 7H30 pour les boucler et réaliser l’objectif ultime, est-ce faisable ?

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