41km Maxicross de Bouffemont 2019

Dimanche 10 Février 2019, premier gros trail de l’année au programme avec le 41km du Maxicross de Bouffemont et ses 1750D+.

Après le 10km de la veille en échauffement, de celui-ci, il est temps de savoir si les effets de mes changements d’entrainements de Septembre portent leurs fruits.
Je vais pouvoir tester un peu mon point faible sur la nourriture et confirmer une paire de chaussure trail.

Je ne serais pas seul sur ce départ puisque j’y vais avec Charles, avec qui j’ai prévu bon nombre de course cette année

41km 1750D+ Maxicross de Bouffemon

Le Maxicross de Bouffemont se déroule en région parisienne dans le massif de la forêt de Montmorency.
Avec ses 1750D+ pour 41km (voir 42) soit environ 42m de montée descente par kilomètre il fait figure de trail avec une difficulté moyenne.
En région parisienne pas de grosse montée, le point culminant tournant autour de 200m et le plus bas 60m. Le parcours est une succession de petite monté et descente avec très peu de plat.
4-6km max de bitume le reste en chemin forestier, 2 montées sèches avec corde (nécessaire suivant le temps)
2 ravitaillements, 15ème et 27ème kilomètre, très complet.
Départ 7H du matin.

Info Trail

Le temps sera très pluvieux. Moins d’une heure sans pluie sur 5H30 de course. 2 énormes vague de plus de 20 à 30 minutes chacun.
Température entre 10 et 6°. Le plus froid étant paradoxalement à midi.

Durée estimée pour moi à l’origine 5h à 5H30.

Niveau matériel :

  • sac salomon slab 5litres
  • 500ml d’eau, il y aura 2 ravitaillements. Je ne devrais remplir qu’au deuxième vu le temps.
  • T-shirt plus manchon pour les bras
  • vêtement anti pluie
  • une casquette
  • short (la boue sa protège, le leggins mouillé non)
  • un poncho fin pour quand ca va pleuvoir fort et sécher en dessous.

Pour la nourriture :

  • fruit séché et baie pour le début de course
  • tuc, bretzel
  • pistache, noisette, amande, noix de cajou
  • une barre énergétique
  • un sandwich pain de mie, jambon gruyère

J’ai d’habitude besoin de manger aux heures des repas, je ne prends pas de ptit dej pour 8H (on part à 7H), et le sandwich en dernier recours histoire de voir ce que ca donne surtout en prenant un peu sur les ravitaillements.

L’arrivée sur place

Je dors dans les yvelines pour cette course, et en partant je suis à la bourre (pour changer). J’avais prévu le parking de l’école à 500m du départ, mais voilà quand j’arrive c’est plein, je me gare où je peux à plus de 1km !
Charles m’attend pour son dossard, je saute dans mes affaires, il se met à pleuvoir, et me voilà en train de trottiner pour arriver sur le départ à 6H50.
Juste le temps de mettre le dossard qu’on nous annonce 30min de décalage.
J’en profite pour faire la queue pour aller aux toilettes, mais je ne suis pas le seul à avoir cette idée.
Le temps que ce soit à moi et finalement ils demandent à tous le monde de sortir.
Je fais rapide, première fois j’ai besoin d’aller aux toilettes avant une course, en même temps la veille, je n’ai pas mangé mon traditionnel plat de pâtes, jambon fromage, mais patate, canard !

J’attends Charles à l’arrière pour le départ, on est très mal placé.

Le départ

Nous sommes vraiment derrière parmi les 800 coureurs, et dans les petites rues, rendues encore plus étroites par les nombreuses voitures garées.
J’ai démarré la course avec un poncho, le temps annoncé étant vraiment pluvieux.
Pour l’instant il pleut mais sans plus.

On sort enfin des routes pour rentrer dans la forêt. Et là ce n’est pas la même qu’hier.
Le chemin est encastré et très boueux.
Ca ralenti devant et essaye d’esquiver la boue. Sur quoi un coureur crie

Bon les mecs vous n’allez pas eviter la boue ?
Y en a pour 41km comme ça

il ne sais pas à quel point il a raison.

Je perds très vite Charles dans ce joyeux bordel, dès je me retourne je suis éboulis par les frontales, on se retrouve bien à un moment mais très vite impossible de se suivre, entre la nuit, les single traces, et ces canyons de boues.
Le poncho avec le monde est gênant, je le retire, mais l’avantage c’est que je suis sec en dessous.

Le mauvais temps, les arbres, rendent la nuit bien noir, et seul cette longue langue de coureur avec leur frontal permet de voir où il faut aller et essayer d’esquiver les trous de boues.
Pour l’instant je suis le rythme de devant, et j’ai pas vraiment le choix avant le 7, 8ème kilomètre.

Et le déluge arriva

Une heure de course, une heure de pluie fine depuis le début. On nous avait annoncé une journée dantesque, ce n’est pour l’instant pas le cas.

Mais voilà après un peu plus d’une heure de course et 9Km, la pluie arrive.
Je remonte des coureurs et me permet une petite blague

La voilà enfin la pluie

J’aurais mieux fait de me taire.
Je commence à sortir le poncho, le jour pointant son nez, je range aussi la frontale, mais voilà, la pluie s’intensifie d’un coup et moi je suis au plus mauvais endroit encore une fois (même si ce n’est pas la même qu’à la 6000D).

Vous remarquez cette propension que j’ai d’arriver en retard ou de me retrouver là où il ne faut pas dans une course !

Il est 8H20, je me retrouve au niveau de la trouée de la forêt des lignes hautes tension, et en plus ça monte.
Pas le temps de mettre le poncho que je suis complètement trempé.

La trouée et la montée n’aide pas, je me grouille et ralenti à sa sortie pour foutre se fameux poncho et caché mes mains dedans.
Je suis extrêmement frileux des mains.
Je comprends les coureurs qui partent avec des gants en plastique de cuisine !

Pour vous donner un ordre d’idée de l’intensité de la pluie, on ne voit plus à 50m, et mes parents en voiture sur l’autoroute pas loin on du presque s’arrêter.

Les arbres protèges un peu, mais pas pour longtemps en fait.
Et oui un kilomètre plus loin, il faut retraverser cette trouée, mais cette fois en descente.
La pluie va bien durer 20 – 30 minutes !

Déjà le 1er ravitaillement est proche, la pluie se calme sans s’arrêter. J’enlève à nouveau le poncho à l’approche de ce dernier. Le poncho est bien pratique car étanche, léger et facile à ranger, mais il gène quand même au milieu d’une forêt dense.

Entre les ravitaillements

Je suis parti avec 500ml d’eau, au vu du profil de la course et du temps, ça suffisait pour la remplir qu’au 27ème.
Au premier ravitaillement du 15ème je prends 2 verre d’eau et un peu de nourriture, et au moment où je repars en marchant, Charles arrive au ravitaillement.
Ca monte à la sortie, il passe devant, je suis bien, il me semble qu’il a envie d’envoyer un peu plus.

Les chemins sont parfois plus qu’étroits, et je me demande même si on ne c’est pas planté.
Je termine de manger, Charles passe devant, je discute avec d’autres coureurs, il se remet à pleuvoir un peu plus fort.

Au profit d’une grosse descente, je rattrape mon pote et le dépose un peu sur place.
On n’est plus du tout tassé, je me sens bien et à chaque descente, je me lâche et mets la misère à tout le monde.

J’adore ces descentes.
J’ai l’impression de juste avoir besoin de me laisser aller, de faire de grandes foulées, poser l’avant du pied le plus rapidement au sol et de renvoyer. Ca bien sur quand c’est pas technique. Et quand c’est technique j’arrive à sautiller.
Je ne sais pas comment je fais, mais c’est naturel, et je n’ai même pas l’impression de me fatiguer.

C’est vers les 22,5km que se fait la jonction avec les coureurs du 25km (qui en fera en fait 27km, merci du cadeau dixit ma soeur).

Je suis tout surpris de voir apparaitre des dossards bleu et des gens courant à mon allure. Parce que jusque là peu de coureurs me doublaient (moins de 10) et je peux vous dire que je remontais du monde.

Ces dernières semaines j’étais en grande forme. J’avais l’impression de pouvoir tout casser.
Et durant cette course ça se confirme. J’arrêtais pas de me répéter

t’es une machine.

Je ressentais une force incroyable, tout était possible, et là je me retrouve coincé sur des single trace par des coureurs du 25km! Difficile d’y croire.

Et pourtant j’arrive rapidement au ravitaillement du 27ème kilomètre, après une descente d’un kilomètre entièrement sur route menée tambour battant, encouragé par les habitants présent dans les rues. Et oui la pluie a cessé depuis peu. 4’50 au kilomètre en étant gêné en trail t’y crois toi ?

3H15 de course, il ne pleut pas, je peux en profiter pour me restaurer et remplir ma gourde d’eau.
J’attends un peu pour voir si Charles n’arriverait pas.
5minutes après force est de constater que non. Il arrivera moins de 5minutes après mon départ du ravitaillement. Merci Fly by de Strava.

J’ai la grande forme, je repars tranquille en marchant, en terminant mon ravitaillement je discute avec des mecs du 25km.
La monté est là on repart au combat.

Et la fringale …

Je suis reparti en mode machine, je me sens hyper bien mais de plus en plus gêné sur les chemins par les gens du 25km en perdition alors que j’en suis déjà à 30.
A ce moment ci de la course je pense être super bien placé au classement du challenge 10km + 41km.

Petite règle de 3 simple, j’en suis à plus de 30km en 3H45, donc il reste 1/3 de cette distance, je devrais pouvoir terminer à l’aise sous les 5H, me sentant même de mieux en mieux.

Mais je ne le sais pas encore c’est le début de la fin lié à des mauvais choix.
La pluie se remet à tomber, et le froid à arrive. Dans une montée un peu sèche, pleine de boue, je décide de ne pas prendre la corde, ca bouche trop et me parait simple sur le coté gauche.
Que neni, j’y débauche une énergie folle pour ne doubler au final que 2 personnes !

On est au 33ème kilomètre, je sens une légère fatigue après plus de 4H de course, je me dis que ca va tenir il me reste moins d’une heure, je mangerais à l’arrivée, et ne prend que quelques tuc bretzel.
La portion n’est pas difficile et pourtant j’ai l’impression de ralentir, souvent bloqué par des personnes du 25km.
Je perds le file de la course et me fatigue à vouloir dépasser n’importe comment. J’ai à ce moment plus de 5minutes d’avance sur mon compère.
Je commence à avoir faim, la pluie redouble.
Puis rapidement une vague de pluie comme celle du matin. Je remets le poncho.
Ceci m’empêche d’enlever mon sac pour prendre mon sandwich mal placé dans ma poche principale.
Je n’ai pas non plus comme à mon habitude de sucre sur moi.

C’est le début de la fin, je suis complètement à la dérive, mais je ne m’en aperçoit pas. Tout simplement car les gens sont à la queue leuleu dans ce qui est le fameux M. Deux montées bien raide, avec corde.

Mais voila je ne marche plus droit, je ne suis plus à même de prendre une décision, me mouiller et manger pour aller mieux plus tard ou avancer pour tenter de terminer.
Je ne me rends plus compte de rien, je suis en total perdition, c’est la fringale !
Je n’en avais plus eu depuis la Saintélyon et l’explication de mon médecin de manger aux heures des repas. Il est presque midi et j’ai mangé plus tôt que d’habitude ce matin et pas en course, ça a tout décalé!

Je tourne à plus de 10minutes au kilomètres et même 14 dans le pire moment.
Même les descentes je n’y arrive plus.

La salue arrive

Charles me rattrape rapidement vers le 37ème.
Il essaye de me motiver, mais non. Même si pour lui c’est aussi une journée sans.

Il reste avec moi, mais mes réponses à ses questions ne sont plus cohérentes.
Malgré tout j’arrive à lui dire que j’ai faim et que j’ai un sandwich dans le sac sous le poncho que je n’arrive plus à prendre.

Un moment de lucidité !

Il me le donne, je lui dis de partir.
Je mets bien 10 minutes à le manger, j’ai du mal à avaler les premières bouchées.
Tout le monde me passe devant c’est un festival. Je dirais bien plus de 100 coureurs.

15 minutes après c’est le redémarrage, une seconde vie !
Je me remets à courir doucement puis la machine repars pleine balle.
Je rattrape Charles juste avant la fin de l’avant dernière montée et lui fais signe que c’est bon on peut y aller.
Mais voilà cette fois c’est lui qui est dans le dur.
La descente pleine balle, je l’attend tout d’abord en bas, monte un peu avec lui et il craque. Je l’attendrais en haut pour le dernier kilomètre.
Sans lui je serais toujours en train de me demander si je dois enlever ce poncho et me mouiller ou tituber encore et encore jusqu’au bout.

On terminera en 5H36’18, congelé, mais content d’en avoir terminé.
Je me permets même de courir jusqu’à la voiture pour me changer, en attendant que ma soeur en termine de son 25km transformé en 27km.

Le ravitaillement de fin est gargantuesque.

Bilan maxicross

Je termine 18ème du challenge, avec 2 personnes à moins de 2 minutes. J’aurais pu être devant sans attendre Charles mais sans lui je serais encore plus loin je pense.

Le parcours est très sympa, mais la pluie, la boue rendent certaines parties compliquées.

Les ravitaillements sont top, et les bénévoles géniaux. J’en ai chié à courir sous la pluie, j’imagine même pas à rester sur place.

A noter le podium à 5 qui est une chose super sympa, même s’il ne le font pas pour toutes les catégories.

J’ai encore une fois beaucoup appris sur la gestion de course et mon alimentation, toujours avec les mêmes soucis de manger à des heures et espaces habituels.

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